Paul Gadenne

s i t e    p a u l   g a d e n n e

[  r e c h e r c h e s  ]

Centre de recherche Paul Gadenne



L'Association "La Rue profonde" organise des séminaires régulièrement. Vous pourrez en être informé en vous inscrivant à notre liste d'information (sur la page d'acceuil).


La recherche sur Paul Gadenne avance progressivement. Ces dernières années, quatre séminaires ont été organisés par l'Association "La Rue profonde". Ils ont réuni les chercheurs et les étudiants qui se consacrent à l'oeuvre de Paul Gadenne.

En décembre 2003 une journée d'étude sera organisée par l'Université de Lille.

Nous présentons ici le contenu de trois de ces séminaires. Vous pouvez lire les actes en commandant les numéros correspondant de la revue "Carnets Paul Gadenne".

les rencontres | l'éthique | l'esthétique

Si vous faites actuellement un travail universitaire sur Paul Gadenne, faites-nous en part, afin que nous puissions en rendre compte.

Actuellement, deux thèses sont en cours, l'une sur "La Plage de Scheveningen", l'autre sur "Les Hauts-Quartiers". Plusieurs mémoires de maitrises ou de DEA sont aussi en cours. Si vous souhaitez débuter un travail de recherche, nous pouvons vous proposer des idées de sujet de maîtrise ou de DEA.

Les Rencontres de Paul Gadenne :
séminaire 95

Charles Blanchet : "La découverte de Paul Gadenne" : Charles Blanchet nous décrit comment il a découvert cet auteur méconnu et pourquoi il écrivit son remarquable article "Paul Gadenne ou la passion de la rencontre" en 1956.

Didier Sarrou : "Crimen Pulchritudinis" : Ce texte, le premier publié par Gadenne est déjà une première méditation de l'artiste sur son art. Une lecture passionante de l'entrée d'un homme en littérature.

Nicole Jean-Paraillous : "La Rencontre miraculeuse" : Il y a plusieurs rencontres dans les romans de Gadenne. Parfois débouchant sur l'échec de la communication, parfois "miraculeuse". C'est le cas d'Ariane ou d'autres personnages.

Didier Sarrou : "Luc et la jeune fille blonde" : Il s'agit ici de réfléchir au sens d'une scène très particulière du Vent noir où Luc attendant dans un café regarde fondre un sucre dans sa tasse de café. Cette description, qui a pu parraître inutile à certains critiques, est peut-être une des clefs pour mieux comprendre ce que Gadenne pense du roman et de son rôle...

Delphine Dupic : "Guillaume et Laura" : A la fin de La Plage de Scheveningen Guillaume découvre la soeur d'Irène. C'est cette image d'une femme en deuil qui va "détruire dans l'esprit du jeune homme, des images falacieuses ou partielles" et "le tourn[er] vers la réalité, vers la vie, en prenant la forme d'une initiation".

François de Saint-Cheron : "Jeux de vilains" : Cette nouvelle de Paul Gadenne n'est pas anodine. Il s'agit peut-être d'une de ses rares vraies nouvelles, qui ne soit donc pas conçue comme une "chute" de roman, mais bien comme un texte clos et complet. Il s'y dit l'une des scènes traumatiques qui reviendra régulièrement dans les romans : la chute des fortifs.

François Lermigeaux : "Paul Gadenne otage : la langue du prisonnier" : Lorsque Gadenne arrive à Bayonne, en 1942, il va être logé chez une femme qui donnera naissance au personnage de Madame Chotard dans Les Hauts-Quartiers. L'essentiel ici est de voir comment le texte du journal va être utilisé et intégré au tissu romanesque, un travail de capture se joue au moment de la rencontre, pour être ensuite littérarisé.

Bruno Curatolo : "De L'apprentissage de la ville à La Rue profonde" : Cette étude comparative met en lumière les rapports entre deux roman, l'un de Gadenne et l'autre de Luc Dietrich. Il s'agit bien d'une rencontre entre deux auteurs, comme en témoigne une note des carnets : "Roman que l'on devine très proche"

Jacques Houssain : "Paul Gadenne à Saint-Jean de Passy"  : L'auteur résume la vie de Paul Gadenne lorsqu'il était lycéen à Passy. Un document biographique indispensable.

Le texte du séminaire propose en outre un inédit : le carnet du sanatorium de 1933, petit carnet de poche que Gadenne portait sur lui où il consignait certaines idées et impression. On y voit l'auteur décider soudainement de se lancer dans une oeuvre de longue haleine, qui sera Siloé...

L'Ethique de Paul Gadenne :
séminaire 96

Jean-Baptiste Renault : "Praz-Coutant et les sanatoriums du plateau d'Assy" : Une présentation de la vie littéraire dans les sanas à l'époque où Gadenne y a séjourné.

Florian de La Laurencie : "Les vertues de l'excès, ou les leçons du sanatorium  : A partir du discours de Gap, une analyse de la morale de Gadenne, sa compréhension de l'inaction, de la comtemplation. On y voit comment le romancier doit une partie de cette morale du sana à l'auteur Charles Morgan.

Isabelle Pépoué : "Ariane et la baleine" : Entre le roman Siloé et la nouvelle Baleine, on retrouve deux cadavres en décomposition, qui sont tous les deux promesse de vie. Une comparaison éclairante sur la "révélation".

Delphine Dupic : "Les Enfants de Caïn" : Une étude fondamentale sur le substrat biographique de La Plage de Scheveningen. Cette lecture de l'oeuvre s'appuie sur des carnets jusqu'alors inédits : "Les Carnets écrits entre 1937 et 1940 font en effet état de deux événements fondamentaux, si douloureux qu'ils peuvent être considérés comme des axes générateurs dans la vie et l'œuvre de l'auteur."

Bruno Curatolo : "Gadenne et la leçon de Proust : une éthique du style" : Il s'agit ici, de partir d'une lecture du mémoire rédigé par Paul Gadenne, qui portait sur "La Construction et le rythme de la phrase chez Marcel Proust". L'étude de ce texte apporte un éclairage nouveau sur la stylistique de Gadenne et son attention portée à la phrase.

François Lermigeaux : "Une éthique de la lecture"  : Lorsqu'on lit les textes de Gadenne consacrés au roman, on s'aperçoit qu'il refuse le vocabulaire théorique et lui préfère un vocabulaire humain. Le roman, s'adresse à un autre, à un lecteur-homme. Y a-t-il une conception éthique de l'acte de lecture en oeuvre chez Paul Gadenne ?

Didier Sarrou : "Une insomnie en 1924 : Ce petit texte de Gadenne est le seul qu'il ait conservé lors d'un classement définitif de son oeuvre. "Effort vers l'écriture, prose poétique déjà maîtrisée, texte écrit "avec son sang", selon la formule de Nietzsche qu'affectionnait Gadenne, et texte sur l'écriture, comme le seront tous ses grands textes, au premier rang desquels La Rue profonde et L'Avenue."

L'Esthétique de Paul Gadenne :
séminaire 98

Didier Sarrou : "Gadenne et la plasticité du roman  : "Partant du constat que l'être humain est plastique et que le roman doit épouser cette plasticité, tout l'effort de Gadenne, de Siloé à son roman posthume Les Hauts-Quartiers, malgré les apparentes ruptures de ton et de style, est une recherche, réitérée sous des formes diverses, pour traduire, à travers le cheminement d'un personnage mouvant, la continuité, l'aspiration à l'unité, pour créer les instruments de cette plasticité. Sous l'apparente disparité de ses sept romans, une continuité s'entrevoit : le souci de parvenir à rendre compte des variations dont l'être humain est susceptible, en ayant recours à une matière aussi malléable, aussi souple que peut l'être l'argile entre les mains du sculpteur, et en suivant une ligne qui rétablisse sans cesse le lien fragile qui unit les différents éléments de la matière, les différents instants, contour et non limite, transparence et non opacité."

Isabelle Pépoué : "Siloé, poème symphonique"  : "Siloé, premier roman de Gadenne, œuvre de jeunesse, partage plusieurs traits de composition avec le poème symphonique : il s'agit d'une musique instrumentale collective dont la structure est déterminée par des éléments poétiques et en particulier une figure mythique ; le roman comporte trois grands mouvements et l'écriture est fondée sur la reprise de motifs conducteurs. Dans quelle mesure le poème symphonique participe-t-il de la sève du roman comme modèle de composition de l'œuvre ?"

Delphine Dupic  : "D'un point de vue seulement extérieur, la structure de La Plage de Scheveningen semble être celle d'un roman " classique " : le texte est divisé en chapitres numérotés ; il est composé de trois parties, un prologue (chapitres I à VIII), une partie centrale (chapitres IX à XXI) et un épilogue (chapitres XXII à XXV) ; il est de plus achevé par un chapitre qui se détache nettement de l'ensemble et se signale donc comme clausule. Il s'agit là d'une œuvre structurée et de surcroît fermée. Néanmoins, le lecteur constate rapidement que le roman, publié en 1952, " ne se restreint pas à cet espace du récit classique ", comme l'écrit Bernard Dort. La structure temporelle est ainsi en rupture avec le traitement traditionnel de la temporalité, qui s'efforce habituellement de faire concorder le temps de la fiction et celui du récit."

Aline Etienne-Curatolo : "D'une plage l'autre"  : En analysant l'oeuvre de Ruysdael, Aline Etienne-Curatolo démontre comment Gadenne, s'est inspiré d'un tableau de Ruysdael qui est en fait : "La Plage à Egmond-aan-zee".

Bruno Curatolo : "Baleine une esthétique de l'effacement"  : Cette lecture génétique de la nouvelle "Baleine", permet de voir comment Gadenne a travaillé progressivement à effacer ce qui tendait à trop éclaircir le texte, ce qui faisait de la nouvelle un énoncé trop simple et univoque. "En poète, Gadenne a soigneusement effacé le trop visible de sa quête du Sens pour ne graver, à l'horizon de l'imaginaire que l'absolu d'un nom : BALEINE, après avoir retiré les échelles de l'édifice."

Jean-Baptiste Renault : "Baleine : un manifeste ?"  : "Baleine est une œuvre paradoxale. Elle se présente à la fois comme un récit et comme un "manifeste" : là réside son originalité. Derrière le récit d'une promenade et d'une rencontre insolite, celle d'une baleine échouée, dont on devine vite qu'ils ne sont que les premiers termes d'une proposition beaucoup plus complexe, il y a une forme de déclaration, quelque chose comme une prise de position à la fois éthique et esthétique. C'est cela qui retient l'attention, qui mérite que l'on s'attarde sur Baleine : ce "discours" qui se fait jour sous le récit, cette prise de position complexe, paradoxale, qui utilise justement le récit pour s'avouer - ou plus exactement pour ne s'avouer qu'à demi."

Valérie Derinck : "L'esthétique de la dérision dans Les Hauts-Quartiers" : "Même si ce terme peut s'appliquer ponctuellement à d'autres récits de Gadenne, il apparaît clairement que l'écriture de la dérision se systématise dans Les Hauts-Quartiers. L'auteur l'érige en véritable esthétique aux procédés très divers. Ils peuvent pourtant s'articuler selon trois axes majeurs, qui semblent résumer la dérision selon Gadenne : la farce, la dérision tragique, et la subversion de l'écriture romanesque."

François Lermigeaux : "Une esthétique de la juxtaposition"  : La structure des Hauts-Quartiers, le dernier roman de Gadenne, a souvent été critiquée. "Si le livre est touffu, s'il est parfois bavard ou trop long, n'est-ce pas justement un de ses éléments constitutifs ? Ne peut-on pas envisager Les Hauts-Quartiers comme un roman qui ne cesserait de s'alourdir, de se ralentir ? La perspective ainsi ouverte nous permettra de mieux deviner le projet qui anime ce dernier roman dont les défauts apparents ne sont que les conséquences d'une entreprise : décrire le face à face entre un homme décalé et un monde qui ne cesse d'accumuler ses bavardages. Si Les Hauts-Quartiers s'enlise dans le fait-divers c'est parce que le romanesque est mis intentionnellement à rude épreuve par Gadenne."

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